Je Vois

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Monique Lucchini

Je Vois

 

 

 

Je ne pensais pas pouvoir écrire ce livre.

Pourtant il était en moi comme une évidence.

J’y ai souvent pensé… j’y ai pensé plus que tout.

 

Ce livre c’est l’histoire de cette écriture-là, l’écriture de l’amour qui se fait, qui est en train de se faire… l’écriture des corps qui se frôlent, se touchent… se donnent.

 

C’est l’histoire de ce désir omniprésent qui donne la certitude d’être en vie.

 

C’est un voyage dans l’univers du plaisir, de la possession des corps.

 

C’est l’interrogation sur la liberté d’aimer sans entrave aucune…  sans promesse de lendemain.

 

C'est la mer omniprésente.

La musique de la mer, sa force aussi.

 

C'est l'écriture de la mer comme celle de l'amour.

 

 

 

 

 

La mer… je ne connais rien de plus envoûtant que la mer. C’est une mélancolie chargée de lumière, une lumière qui prend tout jusqu’au désespoir… jusqu’à cette fin incontournable, définitive… totale.

 

Lorsque je suis arrivée sur la côte je ne savais pas. Je ne savais rien de la mer. Je l’imaginais comme on imagine une terre inconnue, un poème, un écrit non formulé encore. Écrire sur la mer c’est écrire sur l’amour, sur l’amour qui se fait, qui se défait aussi… C’est le mouvement perpétuel d’une conviction incroyable. La conviction que l’amour naît pour mourir, pour disparaître dans la profondeur des souvenirs. La mer, elle garde tout. Elle garde les rires et les pleurs. Elle garde en ses fonds la douleur de l’amour. Parfois, les jours de grandes marées, elle la rejette sur les plages, contre les roches noires. Elle la rejette dans une violence inouïe. C’est cette douleur qui ronge les terres, qui les façonne dans la continuité du temps. Puis, elle la reprend, il ne reste alors qu’une sérénité apparente, immobile… Il ne reste rien que l’oubli, la perception de l’oubli… Aujourd’hui encore je crois ça.

Lecture publique

 

 Dans l’obscurité de la chambre le silence occupe l’espace. Il n’y a plus que la présence des corps nus que la nuit enveloppe. Lui, ne dort pas, il regarde… il regarde le corps de la femme, le corps possédé. Il le regarde dans une attention particulière. Ses yeux scrutent le moindre détail qui aurait pu lui échapper. Il écoute son souffle léger. Déjà, il est dans la certitude des conquérants. Il ne sait rien d’elle, si ce n’est la couleur de sa peau, le reflet de ses yeux, le son de sa voix. Il ne sait rien, et pourtant, il l’aime déjà. Il l’aime d’un amour exclusif. Il l’aimait avant même de la connaître. Il l’aimait dans cet idéal absolu, éternel qu’il avait d’elle.  

Extrait à lire

 

Couverture / Photographie

© Marie-Pierre Forrat

 

 

 

 

 

 

Je Vois — © Editions Musimot / 2010
ISBN 978-2-9533612-4-7 — Prix : 12 €

 

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